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 Les ensorcelés

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♦ MESSAGES : 100
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MessageSujet: Les ensorcelés   Sam 14 Mar - 9:23

Les ensorcelés
Oreste & Ernestine

Aux crayons des abusés les mains tremblent saccadées sur un brin de papier froissé, l’adolescente assise sur le rebord du gouffre détesté un lit démoniaque où les draps défaits de cette ancienne nuit féroce excitent les pensées souvenirs de la suppliciée. Elle essaie de tenir cette branche de bois taillée, de tracer quelques lignes naufragées sur les délices d’une imagination colorée, acidulée, des visages tantôt grotesques tantôt classiques qu’elle déploie sur les supports les plus divers mais l’arme tombe, chute mortelle sur les tréfonds du parquet inconnu, et ses jambes repliées sur sa poitrine lourde des noces forcées. L’idée de la fuite valse aux méandres de son esprit anesthésié, paniqué, angoissé à l’approche du barbare celui-là même chacal des envies charnelles des hommes virils, celui-là même horrible sauvage ayant goûté au calice virginal de l’opposée féminin ; des coups, des morsures, des griffures, a-t-elle entendu les supplications sortant, hurlant de sa gorge blanchie des horreurs coupables, a-t-elle ouï les pleurs, gémissements de l’enfant bafoué aux semences vieillies du masculin fier à sa force guerrière ? Ernestine poupée de chiffon à briser simplement, c’est l’échappée des antres infernales ces murs suintant la froideur d’une maison nouvelle, elle voudrait retrouver son logis de lumière les pailles tressées sur son toit d’où périssaient à l’atmosphère étoilée les feux de cheminées ces obscurités d’hiver mordant la chair. Des frères et sœurs attendues, elle doute à présent, la confiance dilapidé à ses parents haïs maintenant la colère premièrement puis le deuil deuxièmement et l’oubli troisièmement, vendue, dépossédée, l’Ernestine misérable mais l’Ernestine libre métamorphosée par l’Olympienne Venus d’une vengeance redoutable, riche et sublime, riche et objet. Le lendemain aujourd’hui de cette femme agacée ayant soulevé les jupons de fer noirs aux laideurs abyssales de ce glaive implacable, rien, du vide entre ses paumes blessées de gentille enfant pétrifié, les cristaux essuyés sur ses joues maculées de pâles sursauts de lamentations, le cou rougeoie encore des mains veinées de puissances colossales ; cela ne suffisait pas ces ordres impérieux il avait fallu pénétrer des doigts les airs respirables de la beauté, l’étranglement pour la défense évanouie, elle avait subi.

La lycéenne n’a plus de force, s’allonge à un coin du continent embrasé des fumées de débauche passé, révolte abordée elle a jeté au loin gisante sur le sol mouillé la bague des châtiments injustifiés, dévoilant son dos strié de spasmes de douleur ; elle fixe l’horizon azuré de la fenêtre encerclée de barreaux fictifs, elle n’a pas su trouvé l’entré ce matin, boiteuse par la stridente souffrance. Elle a aperçu des employés luxueusement habillé, d’un jardinier à la femme de ménage sympathique proposant un verre de bienfait, le lait coulant dans le réceptacle translucide qu’elle a négligemment refusé les lèvres frissonnantes et les trémolos dans sa voix hésitante, une réminiscence de la vision atroce brûlant ses iris grises de matinées éternellement mornes. Elle a cherché adorable Lancelot, courageuse, un Graal, une sortie, une pièce ornée d’un matelas l’autre ritournelle enchantée d’une protection contre l’aîné des sortilèges majestueux de décès, et précipitamment l’après-midi, fouillé les placards, renversant les boites de médicaments de la pharmacie à l’aiguille assourdissante, la menace frappante de l’enfant créé à ses dépens. Jamais, jamais, jamais tournent, s’amusent ces trois similaires parques moqueuses de leurs babines retroussées par le fruit posé dans le ventre de l’éplorée. La pilule solution efficace, disparue cependant aux airs bruns du souhait accordé de l’autre arqué devant la porte soupirante du tableau sépia à venir. De ses pattes fragiles elle s’enfonce à l’ombre miroité d’un coin de paix, ignore colérique les bottes de l’ogre repu à la luxure. « Je veux aller à la pharmacie je n’ai rien pris avec moi hier ne sachant pas que j’allais être mariée à un monstre. J’ai oublié quelque chose pour ma santé. ». Pas de politesse souffreteuse, toussant l’hypocrisie d’une joie débile, pas de tendresse au persécuteur de son corps meurtri, c’est la haine qu’elle invoque aimant à noyer le cœur de ce charbon odorant ; le désespoir, l’incompréhension ; la haine incapable de nourrir la gosse apeurée. Et l’espoir chantant d’un cauchemar, ceci irréel, cette scène, cette nuit, cette monstruosité dans un souffle et les yeux réveillés comme ces films le rembobinage d’un sacrilège matraqué. « Je ne dirai rien, je ne porterai pas plainte. Vous avez eu ce que vous vouliez. Je peux rentrer chez moi. ».
✻✻✻
CODES © LITTLE WOLF.

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Aux pourpres d’un couchant
○ je savais que je n’avais plus rien à faire, que j’étais là non pour faire, mais pour “être faite”. Une autre personne avait pris le contrôle de ma vie, jusque dans les plus infimes détails. Si je n’avais plus le contrôle de rien, j’avais en revanche la permission de perdre tout contrôle.
crackle bones.
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♦ INSCRIPTION : 09/03/2015


MessageSujet: Re: Les ensorcelés   Lun 16 Mar - 20:23


Words like violence break the silence. Come crashing in into my little world. Painful to me. Pierce right through me. Can't you understand oh my little girl ? All I ever wanted, all I ever needed is here in my arms
Les femmes à son dégout, le mensonge qu’il proclame à qui veut l’entendre, l’amour qu’il prétend leur porter, les corps qui révulsent, les baisers de cendres, l’acre de leur corps, les formes à l’écoeurement. Trois mariages, trois inventions pour croire qu’il n’est pas différent, que lui aussi est normal, qu’il n’est pas dégénéré. Un sale pédé comme disait sa mère à chaque fois qu’il y avait deux hommes. Il ne sait pas pourquoi le père est parti, pourquoi la mère voue une haine aussi viscérale. Ça s’est reportée sur lui et le même virus comme elle dirait s’est propagé, comme un poison, une tare partagée. Oubli de tout ça. Encore une rature. Le contrat est signé pour la quatrième, un stylo, une poignée de main et elle est à lui. Ernestine. Un prénom singulier, jamais entendu. La belle et ses peintures, elle qu’il a croisé, enveloppée d’une foule de curieux. Une beauté à couper les ailes, à l’enfermer sans issue de retour. Pour lui. Collectionneur des belles.

Messe noire et un allé simple pour le palais. Là qu’il l’a traîne sans même lui demander un avis. Corps qu’il jette au lit sans aucune cérémonie. C’est le débat de la gosse prisonnière, les pattes sales de l’ours affamé. Les coups et les cris, la hargne et la capitulation. Moment bref. Honorer l’alliance et au revoir. Pas cette fois. L’accord d’une seconde valse, d’une étreinte à la morsure. Pourquoi tout ça ? Ce ressenti ? Une femme. Une enfant à ses griffes. La seconde. Il accorde du temps, mais pas à elle, pas à ses envies. Le corps qu’il prend et détruit à ses coups d’enragés. Le loup qui repose aux draps, elle qui ne peut pas s’enfuir, elle qu’il a rendu martyr de ses vices. Les cuisses assassinées. Tambour d’un cœur. La nuit se prolonge dans le silence des peurs qu’il devine. Lui est levé en premier. Les doigts qui courent à la peau de l’enfant mariée. Une disparition aux premiers rayons, un rituel de vie. 6h45.  Cachets qu’il avale, pour être certain, pour se sentir vivant. Et ce battement de cœur irrégulier, c’est normal ? Éradiquer la peur.  Pas au couloir, au-dehors, dans Paris qui s’éveille. Des dossiers, des bureaux, et quelques esprits à acheter. Boite à sa poche qu’il tient entre les doigts, l’assurance de ne pas dépérir. Drogue à une maladie imaginaire. Hôtel des massacres dans lequel il revient. Vies qui s’affairent. Domestiques à son service. Ernestine qu’il trouve. Les mots de la jolie, les paroles d’une petite guerrière qu’il a piétiné au combat, dévorée. Oreste comprend, saisit l’oublie et le sourire s’étend, cavale au visage. « Tu n’as plus besoin de ça. Pourquoi retarder l’inévitable ? » Tricher. Elle ne pourra pas. Pilule qu’il remplacera, jouera de placebo. Médicaments connus, aucun nom n’échappe. Médication qu’il va suivre. Gosse qu’il envoie à l’échafaud de neuf mois. Pas l’envie d’être père. Pas d’amour pour les arrachés au ventre. Le mépris.  Rentrer qu’elle lui demande ? Il rit, lui la terreur des contes d’enfants. « Chez toi… c’est ici maintenant. Tu veux retourner chez tes parents ? Chez les ogres qui t’ont vendue ? » Mécréants et leur appât du gain. Dragons à l’attrait de l’or. « Viens, prends ma main et allons leur demander ce qu’ils préfèrent... Retrouver une gosse alors que vous êtes une tribu ou garder les billets à leurs paumes » Les doigts qui se tendent. Allons-y. Retournons à ta misère. Les pas qui rognent la distance, le poignet qu’il prend, serpents qu’il enroule à la chair. Le constat d’une disparition. « Où est-elle ? Ne me dis pas l’avoir perdu dans les draps. N’invente pas une excuse. Où est la bague ? » Crochets qu’il enfonce, les veines à éclater.


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    mylimasis
    △ I don't know what I expect of you, but it is something in the way of a miracle. I am going to demand everything of you, even the impossible, because you encourage it.
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