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 keep the streets empty for me (archi)

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Oreste L'Isle-Adam


♦ MESSAGES : 77
♦ INSCRIPTION : 09/03/2015


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MessageSujet: keep the streets empty for me (archi)   keep the streets empty for me (archi) EmptyMar 24 Mar - 20:54


I could recognize him by touch alone, by smell. I would know him blind. I would know him in death, at the end of the world.

Les draps du premier acte, la sentence de ses folies. Il déchire, calcine, de rage tout passe par la fenêtre. Deux mois de ça, le souvenir intact à sa mémoire. Le gosse égaré, celui qu’il a sauvé et après la débâcle de ses envies, la furie de ses mouvements, le beau à ses doigts, les lèvres bleues des amours maladroits. Des souvenirs, des images qui reviennent à la mémoire lorsque le soir, c’est elle qu’il voit, la fille mariée, l’enfant sans forme, un garçon qu’elle est de dos. Oreste dissocie les envies, essaye de se convaincre, c’est elle qu’il doit aimer, elle et pas lui, pas les autres pour lesquels il crève d’envie. L’ombre cavale parfois dans une vitrine, souvent c’est à l’angle d’une rue qu’il croit l’apercevoir, lui dont il ne veut pas connaître le prénom. Lui qu’il a giflé lorsqu’il a voulu lui donner une identité. Un ‘’ta gueule’’ qui a résonné entre les murs. Pas de ça. Pas de connaissance. Pas de... rien. Un corps et c’est tout, au-revoir merci. Il s’épuise à vouloir oublier le gamin échoué du ciel, le funambule des nocturnes idées. Draps changés. L’odeur est encore là. Partout. L’impression qu’il ne le quitte pas. Sur la peau. Trois douches qu’il prend chaque jour, pour effacer, éradiquer le mal, cette rature. Inutile schéma.

Mardi matin. Nouvelle exposition. La foule qui se presse, les touristes qui égarent leur appareil photo, les enfants qu’on tient par la main et qui cavalent partout. File d’attente monstrueuse. Il peut se féliciter d’avoir des passe-droit dans chaque lieu, d’avoir les bonnes connaissances. Foule qu’il dépasse avec l’arrogance aux lippes. Empereur qui se glisse au musée d’Orsay. Le hall éclate de lumière, à ces baies vitrées contre lesquelles se percutent les rayons capricieux du soleil. La foule compacte est une horreur. Se glisser parmi eux, se faufiler contre les vies qu’il ne veut pas connaître. Toiles et sculptures qui captent son regard d’amateur. Quelques livres lus, mais pas assez pour déblatérer comme le crétin à sa droite, l’imbécile et ses mots inventés. Agaçant. Juste l’œil d’un connaisseur des prix, des toiles qu’il achète pour s’enrichir. Voleur ? Il ne fait qu’acheter ce qu’on lui propose. Lui va aux œuvres connus et reconnues, à celles qui attirent. A l’écart qu’il se tient devant l’autoportrait de Van Gogh. Lui n’y voit pas la beauté, l’incroyable regard et tout ce blabla qu’on trouve dans chaque manuel d’histoire de l’art. Il n’y voit qu’une voile possédant plusieurs zéros au compteur. Des calculs, il se perd, en oublie que plus personne ne se trouve devant lui. C’est une main à son épaule qui le sort de sa contemplation bancaire. Le corps se crispe. Il ne veut pas savoir, sait déjà. « Tu t’es perdu peut-être ? Je ne veux pas te voir… pas ici… nulle part » Le murmure des crachats assassins. Le corps qui pivote doucement, du mouvement reptilien. LUI ET TOUJOURS LUI.


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    mylimasis
    △ I don't know what I expect of you, but it is something in the way of a miracle. I am going to demand everything of you, even the impossible, because you encourage it.
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Archibald Salinger


♦ MESSAGES : 8
♦ INSCRIPTION : 15/03/2015


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MessageSujet: Re: keep the streets empty for me (archi)   keep the streets empty for me (archi) EmptyJeu 26 Mar - 0:28

moi j'ai pas écouté tu vois, et j'suis là
comme un con à effeuiller les pétales

Même visage gribouillé sur les cahiers, étrange obsession. Le chat n’a pas l’habitude de poursuivre quelqu’un de la sorte. Il a toujours été solitaire, éviter les autres, pour éviter la douleur, les blessures au cœur. Il y a bien quelques nuits où il se laisse aller, s’échine sur une âme de passage. Il ne s’attarde pas, il a trop peur d’y rester. Terrifié à l’idée qu’il ne puisse s’en remettre. Et pourtant, le voilà, l’animal idiot qui se jette dans la gueule du loup. Le matin, il se voit dans le miroir, il voit le bleu sur sa joue, ecchymose incertaine, commencer à disparaître. Il se souvient bien des regards, un peu de pitié, un peu de sympathie à son égard. Qu’est ce qu’il t’est arrivé ? Il leur répond qu’il s’est fait ça lorsqu’il est tombé. Ça ne convainc personne. Mais on a autre chose à faire que de s’inquiéter d’un grand gamin égaré. Y’en a une qui lui a donné un numéro de téléphone, pour parler, pour les victimes de violences conjugales. Faible sourire feint. Mais Archie, il n’écoute pas, il n’en fait qu’à sa tête, cherche toujours l’homme dans la foule. Il cherche sa souffrance, toute cette haine étrange. Il cherche son regard, un sourire, ses doigts sur sa peau. Archie espère toujours trop. Pourtant, il n’arrive pas à l’oublier, il n’arrive pas à le laisser aller. Et chaque fois, il se heurte un peu plus, revient à la charge, pense pouvoir venir à bout de la résistance, découvrir les joyaux à l’intérieur. L’enfant est trop naïf. Jour de congé inespéré. Nouvelle exposition au musée à côté, Orsay. À force de passer devant les affiches, le chat a été séduit par l’idée, il avait même réservé le billet à l’avance, anticipant le monde qui s’y trouverait, il s’était levé tôt, pour une fois, pour tout voir, avant les autres. Et puis, alors qu’ils attendaient les uns derrière les autres, lui, le nez plongé dans l’ombre de jeunes filles en fleurs de Proust, lorsqu’il relève la tête un instant, il l’aperçoit qui passe, l’empereur funeste qui les devance tous de sa stature infernale, chance inespérée. Et comme à chaque fois qu’il le voit, comme une légère vague de chaleur qui le prend. Il devient un peu distrait, les phrases interminables de Proust semblent plus difficiles à déchiffrer, il oublie le début en arrivant au milieu, oublie le milieu lorsqu’il atteint la fin, finit par fermer le bouquin. Il s’impatiente de plus en plus, on le laisse finalement rentrer dans le musée. Son regard vole autour de la salle, s’arrête sur quelques couleurs quelques tableaux, il prend le temps d’en observer certains, épris par leur beauté. Il finit par le trouver, lui, le tant recherché qui contemple un Van Gogh. Les pas sont félins, sans bruit, il bouge parmi la foule avec aisance, passe dans son dos pour ne le laisser s’enfuir. Il contemple l’idée de cacher ses yeux avec ses mains pour lui faire deviner qui c’est. Seulement, il risque bien de se faire mordre. Alors, il décide d’être raisonnable, ne pas trop tenter le diable. Une main sur son épaule, armé de son sourire le plus mignon. Il le sent se tendre à son toucher, comme s’il savait déjà qui c’était. Il ne se retourne même pas, mais le venin est craché déjà. Archibald encaisse, il en a presque l’habitude maintenant, des paroles acides, et au lieu de partir, fait comme si de rien était. « Comment savais-tu que c’était moi ? » Il était quasiment sûr qu’il ne l’avait pas vue dans la queue, il aurait été capable de faire demi-tour, ou de le virer au fin fond de la file. Comme il n’a pas l’air d’avoir l’intention de lui faire face, Archie prend l’initiative de se bouger lui-même pour parvenir à cette fin. « Pourquoi tu ne me regardes plus ? T’as peur de quoi ? » Curiosité déplacée, toujours vouloir à comprendre, mettre le doigt où il ne faut pas.

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DES BLEUS PLEINS LE COEUR
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